1. Une innovation sous contrôle
  2. Rue Ruppert, on protège la santé des citoyens
  3. Rue Stumper, on construit un Internet plus sûr
  4. Rue Kroll, la Commission prend ses quartiers

La Commission investit la Cloche d'Or

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Une innovation sous contrôle

Installations nucléaires, Internet, cigarettes, cosmétiques, risques d'épidémies : plusieurs services de la Commission installés à la Cloche d'Or évaluent les opportunités mais aussi les dangers potentiels des innovations et de leurs usages dans ces domaines.

Un reportage de

Romain Schanck

Dominique Nauroy

Entretiens réalisés avec

Rehana Schwinninger-Ladak

Stefan Schreck

La présence de la Commission européenne à Luxembourg ne se résume pas qu'au bâtiment Jean Monnet et à ses quelque 1.900 employés en quête d'un nouveau lieu de travail.

Plus de mille personnes affectées à différentes directions générales (DG) de la Commission européenne travaillent également dans la zone d'activités de la Cloche d'Or, sur le ban de Gasperich. Elles sont réparties sur trois sites :

  • le bâtiment HITEC, rue Ruppert, où travaillent quelque 120 personnes dans le cadre de la DG Santé et Consommateurs (SANCO) ;

  • le bâtiment Euroforum, rue Robert Stumper (environ 450 personnes affectées à la surveillance des sites nucléaires, à la robotique et à un Internet plus sûr) ;

  • le bâtiment Drosbach, rue Kroll (environ 500 personnes).

Eurostat, les Ecoles européennes et la Maison de l'Europe complètent le tableau de la présence de la Commission au Grand-Duché.

Rue Ruppert, on protège la santé des citoyens

Les quelque 90 personnes qui travaillent dans le bâtiment HITEC à Luxembourg composent l'ensemble de la Direction Santé publique (regroupée sous la DG SANCO C) à des fins d'évaluation, de prévention et de coordination face à des menaces de pandémie et maladies transmissibles.

En outre, la direction s’occupe de la prévention des grands fléaux (maladies chroniques) tels que les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète par des stratégies de coordination au niveau de la Communauté. L’amélioration du dépistage des cancers (sein, colorectal et cervical) est un exemple d’une initiative européenne. L’amélioration de la nutrition, afin de prévenir les maladies liées aux modes de vie, est  aussi un thème prioritaire.

Vue depuis la rue Ruppert

Vue depuis la rue Ruppert

Le bâtiment a été inauguré en septembre 2006. Afin d'optimiser les coûts, des vidéo ou audioconférences ont lieu plusieurs fois par semaine avec Bruxelles ou avec les Etats membres.

S. Schreck, chef d'unité «Health information» ; D. Meroni, adjointe ; G. Gallo, policy officer

S. Schreck, chef d'unité «Health information» ; D. Meroni, adjointe ; G. Gallo, policy officer

Évaluer

Trois comités scientifiques indépendants, dont le Secrétariat est depuis peu établi à Luxembourg, évaluent les risques dans les domaines :

  • de la sécurité du consommateur (coloration des cheveux, parfums, conservateurs pour cosmétiques, ingrédients à nanoparticules utilisés dans les filtres UV ou les crèmes solaires, etc.) ;

  • sanitaires et environnementaux (qualité de l'air dans les bâtiments, amalgames dentaires, taux de substances chimiques telles que le chrome présent dans les jouets, les chaussures, les peintures, et le cyanamide calcique dans les fertilisants, etc.) ;

  • émergents ou nouvellement identifiés (prothèses mammaires, nocivité des champs électromagnétiques, biologie synthétique, particules métalliques des implants médicaux, usage du bisphénol A, etc.)

Ci-dessous : réunion d'experts

Ils travaillent sur demande d'une DG lorsqu'existe une suspicion de risque et mènent l'enquête sur une innovation donnée afin que cette dernière ne se popularise pas au détriment de la santé des consommateurs.

Ils ne s'occupent toutefois pas d'évaluer les risques alimentaires. Cette mission est celle de l'EFSA, l'autorité européenne de sécurité des aliments, basée à Parme, avec laquelle ils coordonnent également leurs travaux.

Actuellement ils se concentrent en particulier sur les nanomatériaux et la sécurité des ingrédients qui étaient auparavant testés sur les animaux vu que cette expérimentation est désormais interdite pour les cosmétiques. Les conclusions de quelques-uns de leurs travaux sont disponibles ici.
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Natacha Grenier, conseiller scientifique

Natacha Grenier, conseiller scientifique

Prévenir les usages, préparer l'avenir

L'équipe basée à Luxembourg est également en charge d'un travail de prévention, visant par exemple à prévenir des dangers du tabac. Des campagnes sont réalisées à Luxembourg, comme la campagne « Ex Smokers », déclinée sur tous les supports entre 2011 et 2013 et encourageant à ne plus fumer.

Bob Sinclar, ambassadeur du «Jour des ex-fumeurs»

Cette campagne fait partie d'une initiative globale visant à réduire le tabagisme, la malbouffe et le manque d'activité physique, tout comme la réduction des effets non désirables de la consommation d'alcool, ceci afin de réduire les risques de maladies chroniques telles que le cancer, le diabète, les maladies respiratoires, etc.

L'app iCoach

Par ailleurs, la direction de la santé publique basée au Luxembourg participe à des programmes visant par exemple à développer des systèmes de santé innovants, durables et plus efficaces face aux changements démographiques

Coordonner

Le bâtiment héberge en son sein une salle de crise qui permet de coordonner les réponses des Etats membres de l'UE face aux risques d'épidémies ou de maladies transmissibles comme cela a pu être le cas en 2009 face au virus A (N1H1), l’E Coli en 2011 ou actuellement les alertes concernant le Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) ou l’Ebola en Afrique de l’Ouest. Chaque Etat membre est obligé de notifier une menace qui pourrait toucher un autre Etat membre. La salle de crise suit alors la propagation de l'événement jour après jour et assure un service de suivi, en coordination avec le Comité de sécurité sanitaire européen qui se réunit régulièrement au Château de Senningen.

La coordination peut concerner par exemple la vaccination, le traitement des patients mais aussi l'information donnée à la population. « Une chose a changé depuis une vingtaine d'années », explique Stefan Schreck, chef d'unité Information sur la Santé : « Aujourd'hui, les citoyens européens se connectent à l'information des sites Internet d'autres pays, voire zappent sur des chaînes étrangères. Il est donc capital, sur des questions aussi sensibles, de diffuser partout le même message. »

La coordination de la réponse apportée peut également unifier les mesures nationales. « Si 27 Etats introduisent des mesures de contrôles aux aéroports et que le 28e ne les applique pas, alors nous avons un problème », résume M. Schreck.

Salle de crise

Salle de crise

En 2010, suite au nuage de cendres islandaises issues de l'Eyjafjallajokull, il a fallu évaluer les éventuels troubles respiratoires que cet événement pouvait causer. « Sur toutes les questions dépassant les frontières, les Etats membres voient clairement quelle peut être notre valeur ajoutée », conclut M. Schreck.

Paolo Gugliemetti, Stefan Schreck

Paolo Gugliemetti, Stefan Schreck

En 2011, il a fallu faire face à une épidémie de diarrhées mortelles qui s'était déclarée en Allemagne et c'est la bactérie Escherichia coli qui a alors été identifiée comme cause de l'épidémie.

Fin 2013, l'UE a décidé de renforcer davantage la coopération et l'échante d"information entre Etats membres quand une grave crise sanitaire transfrontière survient.

Décision relative aux menaces transfrontières graves sur la santé

Décision relative aux menaces transfrontières graves sur la santé

Prix européen du journalisme

La Commission décerne depuis cinq ans le Prix européen du journalisme dans le domaine de la santé. Il est organisé à Luxembourg. En 2014, le premier prix est revenu à Henk Blanken qui a publié dans Dagblad van het Noorden un reportage suivant un jeune homme atteint de la maladie de Parkinson et qui bénéficie de traitements chirurgicaux innovants.

Cantine du bâtiment HITEC

Cantine du bâtiment HITEC

Rue Stumper, on construit un Internet plus sûr

Quelque 450 personnes travaillent dans le bâtiment Euroforum qui épouse les contours de trois rues à la Cloche d'Or (rue Stumper, rue Schnadt, rue Piret).

La façade concave, vue de la rue Stumper

La façade concave, vue de la rue Stumper

Le bâtiment de quatre étages abrite plusieurs DG :

  • ENER (de loin la mieux représentée ici) ;

  • CONNECT ;

  • EMPLOI ;

  • Santé, sécurité et hygiène au travail ;

  • OIL.

ENER rassemble à Luxembourg les inspecteurs nucléaires des installations basées dans l'Union européenne. Leur rôle s'est accentué lors des élargissements de 2004 et 2007, avec l'entrée des anciens pays d'Europe de l'Est. Quelque 300 personnes y travaillent.

CONNECT rassemble à la Cloche d'Or environ 140 personnes. Cette DG, placée sous la responsabilité de la commissaire Neelie Kroes, est en charge de l'économie numérique, qu'il s'agisse d'itinérance, d'Internet à très haut débit, etc.

Kristin Bilberg (DG CONNECT)

Kristin Bilberg (DG CONNECT)

A Luxembourg, la DG s'intéresse plus particulièrement à deux domaines :

Le soutien à la robotique européenne

Un peu plus de vingt personnes suivent le cofinancement de programmes de recherche appliquée dans des universités et des entreprises afin de faire de l'UE un leader mondial en ce domaine.

Couloirs

Couloirs

Exemples concrets : le développement de systèmes moins dangereux dans le monde industriel ; la conception de robots de service visant à limiter la pénibilité au travail (collaboration homme – machine dans le cadre du nettoyage de centrales nucléaires ou chimiques) ; la domotique et les systèmes intelligents et connectés pour le grand public ; les applications au service des personnes âgées et de la qualité de vie en général.

Anne Bajart (DG CONNECT)

Anne Bajart (DG CONNECT)

Les résultats de cette recherche doivent déboucher sur des innovations, elles-mêmes donnant naissance à des produits dans les domaines industriel et civil.

Un programme de recherche, pour être éligible, doit notamment réunir au moins trois Etats membres. Le rôle de la DG, ici à Luxembourg, est de procéder à un appel à projets et d'en assurer le suivi (sélection, négociation, planification, etc.) La Commission agit donc comme un levier, mobilisant fonds et parties tierces pour le développement de nouveaux outils, nouveaux usages, faisant par ailleurs collaborer des partenaires au sein de l'Europe.

Lina Munari (DG CONNECT)

Lina Munari (DG CONNECT)

Lina Munari, ci-dessus, est spécialisée en utilisation de technologies e-learning pour l'apprentissage. L'UE finance à hauteur de 30 millions d'euros des projets à cette fin, dans le cadre de l'école, de l'apprentissage tout au long de la vie, etc.

Les initiatives concourant à un Internet plus accessible mais aussi plus sûr

Elles doivent offrir aux enfants un accès à Internet en évitant les sites affichant des contenus trop violents et mutualiser les informations des réseaux alertant de la diffusion sur Internet d'abus dont sont victimes les enfants.

Rehana Schwinninger-Ladak (DG CONNECT)

Rehana Schwinninger-Ladak (DG CONNECT)

La question du contrôle parental, par exemple, doit être régulièrement actualisée avec le développement de nouvelles plate-formes qui rendent l'accès à Internet encore plus simple pour les enfants (tablettes, téléphones).

Affiche «A better Internet for kids»

Affiche «A better Internet for kids»

La DG participe par ailleurs au Safer Internet Day organisé chaque année au mois de février, autre action de sensibilisation à cette question.

A l'intérieur du bâtiment

A l'intérieur du bâtiment

Par ailleurs, la DG soutient la culture numérisée, dont le programme Europeana, porté par Viviane Reding au moment où elle était encore commissaire à la Stratégie numérique, fait partie. Europeana est une bibliothèque numérique européenne lancée en novembre 2008. Fin 2013, elle avait mis en commun plus de 26 millions d'objets numériques (livres, matériel audiovisuel, photos, etc.) issus des bibliothèques nationales des Etats membres.

Aux portes du nouveau millénaire, l'hôtel cède la place

La partie du bâtiment du côté de la rue Schnadt était auparavant un hôtel qui a été racheté en 2001 par la Commission. Ici, cette dernière est propriétaire de l'ensemble du bâtiment.

Une bonne ambiance anime ce bâtiment aux proportions plus humaines que le « Jean Monnet », estime notre guide, Mme Schwinninger-Ladak. La cantine propose des plats cuisinés sur place.

Les salles de vidéoconférence sont la majeure partie du temps occupées car les DG représentées ici communiquent intensivement avec « la maison mère », Bruxelles, comme avec des centres nationaux de recherche.

Vidéoconférence

Vidéoconférence

Rue Kroll, la Commission prend ses quartiers

C'est le bâtiment dans lequel la Commission a le plus récemment installé ses valises. Environ 500 personnes y travaillent actuellement, où se retrouvent notamment :

  • d'autres services de DIGIT ;

  • les bureaux de l'Agence exécutive pour la santé et les consommateurs (AESC) ;

  • une antenne de la DG Affaires économiques et financières (ECFIN) ;

  • un Office gérant les droits financiers du personnel de la Commission (PMO) ;

  • une antenne de l'Ecole européenne d'administration (EAS) ;

  • une antenne de l'Office européen de sélection du personnel (EPSO).